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Interview de Françoise Grossetête -
 Lettre de l’Actualité de l’UMP
QUESTIONS :
1. Votre rôle en tant que député européen
 -Pouvez-vous nous expliquer en quelques lignes en quoi consiste votre travail de député européen ?
 Au-delà du rôle institutionnel consistant à voter les textes européens, à arrêter le budget et à exercer un contrôle politique des autres institutions européennes, le député européen doit être aussi un relais dans sa circonscription européenne. Je suis pour ma part élue dans la grande région Sud-Est (Rhône-Alpes, PACA, Corse) qui comprend 16 départements. Autant vous dire que mes journées sont bien remplies et qu’au delà du travail parlementaire je parcours ma grande circonscription pour informer, débattre et expliquer ce que fait l’Europe pour le quotidien des citoyens. Sans cela, l’Europe restera à Bruxelles et fera toujours l’objet de défiance chez nos concitoyens.

- En tant qu’eurodéputé, comprenez-vous le déficit de confiance que la majorité des citoyens ont vis-à-vis de l’Union européenne ?
Oui je le comprends et c’est la raison pour laquelle je ne conçois pas ma fonction de parlementaire sans rendre compte des actions de l’Union européenne auprès des citoyens ! Je crois que la communication est un chantier dans lequel l’Europe doit encore beaucoup progresser. C’est d’ailleurs une des priorités affichées par la Commission européenne.

2. Le Traité simplifié

- Comment interprétez-vous le ‘’non’’ au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel ?
 Le "non" a été composite et fut à la fois souverainiste et anticapitaliste mais il est clair que la réponse est apparue comme une sanction face au pouvoir en place. Mais je crois que nous n’avons pas à nous excuser du vote des Français. Nous devons au contraire nous en saisir pour contribuer et c’est ce que Nicolas Sarkozy fait aujourd’hui avec nos partenaires, à remettre l’Europe sur les bons rails.

 - Quelles sont, selon vous, les avancées apportées par le Traité simplifié qui a été signé jeudi dernier à Lisbonne ?
Ce nouveau texte tient compte des refus français et néerlandais exprimés lors du Printemps 2005 en retirant le terme de Constitution pour se concentrer sur les aspects institutionnels. L’idée est avant tout de se consacrer aux sujets qui préoccupent l’ensemble des citoyens français et européens : changements climatiques, croissance économique, emploi et questions de sécurité en permettant à l’Union européenne de mieux fonctionner à 27. Le nouveau Traité fournit les outils institutionnels pour sortir de la paralysie. Nicolas Sarkozy s’est d’ailleurs beaucoup investi personnellement pour convaincre et lever les réticences de certains de ses partenaires européens. Il renforce notamment le rôle de l’Union européenne sur la scène mondiale puisqu’il facilite les prises de décisions dans une Europe élargie. L’accord assure en particulier une Présidence stable pour l’Union, un responsable de la diplomatie européenne (Un Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité), un nouveau mécanisme de vote avec l’extension du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil et le renforcement des pouvoirs du Parlement européen : une décision à la majorité qualifiée sera prise si elle obtient le soutien de 55% des Etats représentant 65% de la population de l’UE. Un poids plus important sera donc accordé aux grands Etats lors des négociations. Ce nouveau système est à la fois plus démocratique mais aussi plus efficace en comparaison du système en vigueur avec le traité de Nice puisqu’il facilite la formation des majorités et donc la prise de décision, ce qui est essentiel dans une Union composée de 27États. Ainsi pourront se prendre enfin les décisions concernant les politiques d’immigration, justice et affaires intérieures ou encore la mise en place d’une véritable politique énergétique. L’accroissement des pouvoirs du Parlement européen grâce à l’extension de la procédure de codécision en matière législative permettra par exemple d’influencer davantage les décisions relatives à la Politique Agricole Commune qui relevaient jusqu’ici principalement de la compétence du Conseil des Ministres. D’autres domaines sont également concernés comme le contrôle des personnes aux frontières, les dispositions régissant l’accueil et le traitement des demandeurs d’asile, ainsi que la lutte contre l’immigration clandestine.

- Vous participez régulièrement aux événements organisés par le Parlement Européen des Jeunes. Ce weekend encore, vous étiez présente, ainsi que Monsieur Michel Barnier, à la 1ere Université du PEJ-France qui a eu lieu à Aix-les-Bains. Quel est votre sentiment sur les débats auxquels vous avez participés ?
Je reviens chaque année avec un grand plaisir aux Universités du PEJ-France. J’aime ce contact direct avec les jeunes et je suis impressionnée par la qualité des débats. Chaque année, les échanges sont fructueux et je sens chez ces jeunes un vrai désir d’Europe. Il y a une attente forte de l’Europe pour cette génération qui peut bénéficier d’actions concrètes comme le programme Erasmus contrairement aux générations précédentes.

- Avez-vous participé à d’autres manifestations relatives à l’Europe au cours du weekend ?
Oui ! Le lendemain je me suis rendue à Cannes à l’invitation du député-maire Bernard Brochand pour évoquer les apports du Traité de Lisbonne. L’accueil comme au Parlement européen des Jeunes y a été excellent et j’ai senti le public réceptif. Au cours de la conférence de nombreuses questions m’ont été posées sur le rôle du parlementaire européen et sur la future présidence française de l’Union européenne à partir du second semestre 2008. La veille j’étais même en Haute-Loire auprès du Commissaire Barrot, des Ministres Brice Hortefeux et Laurent Wauquiez pour participer à une réunion-débat sur le Traité simplifié européen.

- Quelles ont été les réactions des gens que vous avez pu rencontrer à l’annonce de la signature du Traité simplifié ?
 Les réactions sont plutôt positives et chacun sait que notre nouveau Président de la République souhaitait marquer le retour de la France en Europe par la signature de ce Traité. Ce traité modificateur a été avant tout la victoire de l’audace imprimée tout au long des négociations par Nicolas Sarkozy qui a largement contribué à cette issue favorable en surmontant les particularismes nationaux. Quant à la question de la ratification, la France comme la majorité de ses partenaires a choisi la ratification par voie parlementaire. C’est un choix que Nicolas Sarkozy avait clairement exprimé durant la campagne présidentielle et qui a donc toute sa légitimité.
 - A votre avis, que reste-il encore à faire pour améliorer la vision que les citoyens français ont de l’Europe ?
Il faut d’abord que les gouvernements nationaux cessent de dire du mal de l’Europe. C’est vrai aussi pour les médias. L’Union européenne doit être et rester une ambition et non pas une contrainte. Il faut tordre le coup aux idées reçues que les politiques communautaires seraient un facteur d’aggravation ; et non d’amélioration de la situation française. Les Européens veulent une Europe plus démocratique, plus transparente, plus solidaire, une Europe qui ne se mêle pas de tout dans le respect du principe de subsidiarité mais qui n’agit que lorsque son action représente une réelle valeur ajoutée. Si les citoyens français ont exprimé le 29 mai 2005 leur "ras le bol" il est du devoir des politiques et des élus au Parlement européen de montrer que l’Europe par ses actions concrètes peut apporter un "bol d’air". C’est le chemin tracé par le Président de la République dont la priorité est d’obtenir des résultats concrets. C’est à ce prix que l’Union européenne retrouvera auprès des citoyens sa crédibilité. Le nouveau Traité lui en donne les moyens, si la volonté politique est au rendez-vous. Cela passe par des projets concrets comme par exemple la politique des consommateurs où l’Europe est intervenue pour réguler le marché de la téléphonie mobile. Les usagers bénéficient ainsi d’une diminution de leurs appels passés à l’étranger. Je pense aussi à la diffusion d’une liste noire européenne de l’aviation civile ou bien encore aux progrès réalisés pour l’accès de tous aux médicaments en Europe. Il faudra aussi dans un futur proche définir le projet politique de l’Europe unie, ses buts, ses finalités, son espace, les critères de son identité et de ses frontières pour qu’enfin la construction européenne redevienne un idéal exaltant aux yeux des peuples.
Ven 17 avr 2009 Aucun commentaire